Or donc. De faux espoirs en vraies déceptions, nous avons attendu pendant quinze jours la roue salvatrice... qui n'est jamais venue ! Il a d'abord été question d'une erreur de commande, puis d'un retard de la part du transporteur ("mais sûr, sûr, demain, elle sera là"), puis d'un délais imposé par la douane ("lundi sans faute, sûr, sûr !), puis finalement d'un vol irrémédiable, il faut se faire une raison. Mouais. Et c'est là que le mécanicien se transforme en prestidigitateur, puisque ce qui était irréparable quinze jours auparavant, s'est tout à coup avéré plus modulable.
Or donc. Nous sommes repartis avec l'ancienne roue, dotée d'une opération de chirurgie esthétique à la soudure alu. On n'y voit que du feu. Il n'y a plus qu'à espérer que le maquillage résiste au goudron, à la pluie, au vent, au ripio, et aux freinages intempestifs de Blanche-Neige.
Pour consoler la bicyclette qui avait été quelque peu traumatisée, le Capitaine a décidé de lui offrir une paire de pédales toute neuve. Le pied gauche a tenu 40 kilomètres, le droit 200. On est donc revenu aux anciennes. Y a pas à dire, y a que le rustique qui tient ses promesses. Une centaine de kilomètres plus loin, un drôle de bruit dans le jeu de direction du vélo de la princesse. On s'interroge, on s'inquiète : serait-ce là une séquelle perverse et jusque là invisible, du trou maudit de Panama ? Jones n'en peut plus. Trop c'est trop. Il voit déjà sa belle mourir d'imprudence technique, et lui en veut de tant d'insouciance. On s'agite, on pleure, on s'arrête, on essaie de faire du stop, mais personne ne veut de nos ondes négatives. Des mécanos sans diplôme nous assure qu'on peut continuer, que ça n'a pas l'air si grave. Et puis on n'a pas envie de se priver d'une belle ascension. On continue donc. Après 7h49 de lutte, on arrive à Pasto et on file chez le docteur es cycle, et, ô surprise, rien n'est cassé, "non, juste une mauvaise poussière".
Tout ça pour ça.
" En revanche, là, votre jante arrière, elle est au bout du bout. Vous allez jusqu'où ?
- Ben, en Bolivie (oui, on a déjà renoncé à Iguazu, on n'aura pas le temps...), pourquoi ? "
La grimace du docteur est éloquente. Il estime l'espérance de vie de la jante à 300 km.... de quoi nous rendre à Quito !
Or donc. On va se débrouiller pour essayer de commander de nouveau une jante, et dérouter les vols à la douane. En espérant que nous n'aurons pas de nouveau à attendre quinze jours dans la capitale de l'Equateur, qui, au demeurant, est paraît-il, très jolie. Mais quand même, mierda à la fin, nous, on a envie de se retrouver en pleine montagne à 4000 mètres d'altitude, et on passe le plus clair de notre temps en ville !
Alors évidemment, tout ça, c'est bien peu de choses, des problèmes matériels qui n'en valent pas la peine. Mais bon. Vous aurez compris qu'il n'y a pas que le docteur qui grimace.
Même si ces péripéties mécaniques sont une excellente occasion d'éprouver notre patience occidentale...
Or donc. Nous sommes repartis avec l'ancienne roue, dotée d'une opération de chirurgie esthétique à la soudure alu. On n'y voit que du feu. Il n'y a plus qu'à espérer que le maquillage résiste au goudron, à la pluie, au vent, au ripio, et aux freinages intempestifs de Blanche-Neige.
Pour consoler la bicyclette qui avait été quelque peu traumatisée, le Capitaine a décidé de lui offrir une paire de pédales toute neuve. Le pied gauche a tenu 40 kilomètres, le droit 200. On est donc revenu aux anciennes. Y a pas à dire, y a que le rustique qui tient ses promesses. Une centaine de kilomètres plus loin, un drôle de bruit dans le jeu de direction du vélo de la princesse. On s'interroge, on s'inquiète : serait-ce là une séquelle perverse et jusque là invisible, du trou maudit de Panama ? Jones n'en peut plus. Trop c'est trop. Il voit déjà sa belle mourir d'imprudence technique, et lui en veut de tant d'insouciance. On s'agite, on pleure, on s'arrête, on essaie de faire du stop, mais personne ne veut de nos ondes négatives. Des mécanos sans diplôme nous assure qu'on peut continuer, que ça n'a pas l'air si grave. Et puis on n'a pas envie de se priver d'une belle ascension. On continue donc. Après 7h49 de lutte, on arrive à Pasto et on file chez le docteur es cycle, et, ô surprise, rien n'est cassé, "non, juste une mauvaise poussière".
Tout ça pour ça.
" En revanche, là, votre jante arrière, elle est au bout du bout. Vous allez jusqu'où ?
- Ben, en Bolivie (oui, on a déjà renoncé à Iguazu, on n'aura pas le temps...), pourquoi ? "
La grimace du docteur est éloquente. Il estime l'espérance de vie de la jante à 300 km.... de quoi nous rendre à Quito !
Or donc. On va se débrouiller pour essayer de commander de nouveau une jante, et dérouter les vols à la douane. En espérant que nous n'aurons pas de nouveau à attendre quinze jours dans la capitale de l'Equateur, qui, au demeurant, est paraît-il, très jolie. Mais quand même, mierda à la fin, nous, on a envie de se retrouver en pleine montagne à 4000 mètres d'altitude, et on passe le plus clair de notre temps en ville !
Alors évidemment, tout ça, c'est bien peu de choses, des problèmes matériels qui n'en valent pas la peine. Mais bon. Vous aurez compris qu'il n'y a pas que le docteur qui grimace.
Même si ces péripéties mécaniques sont une excellente occasion d'éprouver notre patience occidentale...
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