Sur la route de Bryce Canyon - 22 septembre 2008

On nous avait prevenus : la montée sera "very very steep". Les jambes tournent. Lentement et tout en puissance. Des portions à 10% et des pointes de vitesse à 4 km.h. Les voitures nous doublent et nous croisent dans la plus grande indifference. Mais bizarrement j’éprouve un certain plaisir face à la difficulté. Le même effort dans une salle de musculation serait insoutenable. Mais là, la route est sous les roues et il faut la gravir. Il n’y a pas d’alternative. Les jambes doivent tourner. Et elles tournent avec la régularite d’un metronome. La respiration aussi se veut reguliere. Elle est là, elle se fait entendre, trouve son rythme. J’entends mon souffle, il me donne le la. Je sens mes joues chaudes et vaporeuses. Je bois une gorgee d’eau comme l'affame qui recoit sa premiere goutte de lait. Je recommence. Souvent. Regulierement. Le guidon s’agite, la direction est instable. Mais nous montons. Sur le côté de la route, le paysage se fait plus vaste. Nous étions au coeur de ces roches hier, petites fourmis dans une foret de pins titanesques.
Ce paysage, nous pouvons l’admirer de nos velos. Mais une aire de panorama est prevue à cet effet. Nous sommes entourés d’autres amateurs de grands espaces… Certains restent dans leur voiture. Les vitres teintées rendent sans doute mieux compte des couleurs... Aucun d’eux ne nous parle, et nous ne leur parlons pas non plus. Peut-etre sentons nous la difference de l’effort.
Un peu plus loin, un campground nous attend. Il est officiellement fermé et les voitures, bus et autres caravanes ne peuvent pas rentrer… Nous serons donc seuls, près d’une fraiche rivière qui desaltere les centaines d’ecureuils qui nous entourent!

Aucun commentaire: