Début octobre - Flagstaff : chance or malchance... le retour!

Et la magie opère une nouvelle fois! Ann nous reçoit avec une chaleur rare, et Brian ne cesse de tester notre sens de l'humour. Dès la première heure, nous discutons de tout. De nos deux pays et des images respectives que nous en avons. Les débats sont lancés et nous nous enrichissons mutuellement. Les quelques jours passés dans cette belle maison de bois sont une vraie respiration pour nous! Nous sommes invités à assister à un match de volley à l'université (avec de vraies pompom girls!), à goûter à la spécialité tex-mex de la belle-fille, à découvrir le coin autrement qu'à vélo. Bref, une fois de plus, la chance nous sourit!
Mais j'avais oublié que nous étions en automne... Ici, l'automne se dit "fall" : "chute"... chute des feuilles jaunes, chute des températures, chute de pluie. Chute tout court...
Pendant cette petite parenthèse de bonheur, nous nous offrons le luxe d'une petite randonnée ; et comme nous avons gardé notre âme d'enfant, nous nous mettons à jouer au loup (!) sur le chemin du retour... Je pense faire un loup idéal ! Mais dans un accès de fou-rire, j'ignore magistralement une insolente racine d'arbre, et fais une chute, paraît-il, spectaculaire! De quoi inquiéter hôtes, chéri et passants : tout le monde se presse autour de moi... Mais je n'ai rien. J'ai beau inspecter toutes les parties de mon corps, pas une seule petite égratignure! Plus de peur que de mal donc, et la roue de la fortune continue de tourner! Quelques heures plus tard cependant, je vois ma cheville droite doubler de volume. Elle n'est pas douloureuse, je ne m'inquiète donc pas outre-mesure, et m'active dans la cuisine pour préparer un bon repas français... En attendant, Guillaume s'active dans le garage : les vitesses de mon vélo ne veulent plus passer, et le capitaine Haddock rumine. Le temps passe ; la roue de la fortune ralentit... et s'arrête dans la nuit. Au réveil, il est évident que je ne peux pas pédaler : nul n'est besoin d'être docteur pour voir que je me suis fait une entorse!
La nuit a été blanche... les questions tournent en boucle sans me laisser en paix. Dans combien de temps vais-je pouvoir pédaler? Dois-je aller voir un médecin? Et combien cela va-t-il nous coûter? L'assurance va-t-elle fonctionner? Et "90 days, no more!"...
Je vous laisse imaginer l'embarras devant nos hôtes! Mais ils sont vraiment la chance de notre malchance : leur accueil est sans conditions. Nous pouvons rester aussi longtemps que nécessaire. Et il faut bien se rendre à l'évidence : nous ne pouvons faire autrement! Je me retrouve donc sur le canapé, les glaçons sur la cheville... Mon vélo, relégué au garage, se montre solidaire : cette fois, c'est sûr, la manette de vitesses est belle et bien cassée, et il nous faut la réparer! (la roue de la fortune se meurt dans les toiles d'araignée...)
Direction le "bike shop"... Guillaume perd le peu de couleur qui lui reste : on nous demande la bagatelle de 300 dollars! Après parlementation, nous optons pour un système de vitesses moins onéreux ; le mécanicien est adorable : il nous propose de l'installer pour le lendemain (sait-on jamais, ma cheville aura peut-être dégonflé ?)... Encore un peu de chance dans notre malchance!
Et vu le temps qu'il fait pendant que je suis sur le canapé, j'en viens à me dire que c'est presque une chance d'avoir une entorse... Ann a allumé le feu dans la cheminée!

Aucun commentaire: